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CXXXVII. — Lettres du Roy touchant la Monnoye.
io avril i56i. (Fol. go v°.)
Du xc jour d'Avril mil vclx.
2 4 mars. De par le Roy. "Trés chers et bien amez, les officiers de nostre Monnoye des Estuves nous ont en nostre Conseil privé faict entendre comme nostre trés cher sr et frere, que Dieu absolve, avoit par son edict arresté lad. Monnoye pour y ouvrer et convertir tout or, argent et billon en monnoye usuaire à ses coings et armes, lequel edict auroit depuis nostre advenement à la couronne par nous [esté] confirmé. Mais au moyen de ce que celuy qui auroit par nous esté pour­veu de l'estat et office de maistre de lad. Monnoye n'a encores esté receu au serment, ne institué à l'ex-cercice d'icelle par les Generaulx de noz Monnoyes pour aucunes difficultez par eulx meues et mises en avant contre luy, lad. Monnoye est demeurée et de­meure encores en chômage -1) et sans estre aucune­ment excercée, au grant prejudice et dommage de nous et du bien publiq, nous requerant sur ce declai-
rer nostre intention. A ceste cause desirans y pourvoir au bien de nous et de noz subgectz, ne voullans ce faire sans que par vous y soit choisy et esleu quel­que bon personnage en ce expérimenté et cappable de bien et deuement s'en acquicter, vous mandons, commettons et trés expressement enjoignons par la presente que vous ayez à choisir, eslire et nous nommer tel personnage ydoyne, suffisant et cappable que vous adviserez pour bien et deuement excercer lad. maistrise, attandant que led. maistre par nous pourveu dud. estat, comme dict est, soit receu et institué par nosd. Generaulx des Monnoyes; et à ce ne faictes faulte, car tel est nostre plaisir.
"Donné à Fontainebleaue, le xxiin° jour de Mars mil vc lx. n
Signé : CHARLES.
Et au dessoubz : Hurault.
Et au doz est escript : A noz trés chers et bien amez les Prevost des Marchans et Eschevins de nostre ville et cité de Paris.
C La Monnaie des Étuves se trouvait effectivement en chômage depuis un temps assez considérable, puisque le 16 janvier i56i les Généraux des Monnaies, sur la déclaration faite au Greffe par Aubin Olivier, conducteur des engins, et Antoine Brucher, tailleur et graveur, certifièrent que, durant l'année finie le 31 décembre i56o, il n'avait été fait en ladite Monnaie "aulcun ouvrage de deniers d'or, testons, ne douzains, ne autre espèce de monnaies)). Cette situation était due en grande partie à la vacance de la charge de maitre particulier. Un certain Louis GeoffriUet, originaire de Lyon, changeur à Dijon en i 551 et ï 552 et commis à l'exercice de la Monnaie de cette ville en l'absence du maître particulier, Jacques Bergeron, avait été pourvu par lettres patentes du 23 août i56o de l'état de maître particulier de ia Monnaie des Etuves, il présenta le 31 août une requête à l'effet d'étre reçu au serment de son emploi ; les offi­ciers de la Monnaie ordinaire de Paris protestèrent et demandèrent le 4 septembre qu'il fût préalablement informé k de la qualité, capacité et preudhommyo dud. GeoffriUet, qu'ilz ont entendu, disaient-ils, n'estre capable d'estre reçeu aud. estat, comme il leur est apparu par acte authentique)), et qu'il fût astreint à fournir une caution de 8,000 livres. Le i3 septembre, la Cour décida qu'avant de faire droit à la requête de GeoffriUet, ce personnage justifierait des lettres d'abolition par lui obtenues en même temps que certains habitans de Lyon, pour billonnage. Les charges les plus graves pesaient sur lui : on lui reprochait d'avoir transporté du billon de Dijon à Vauvillers en Lorraine et d'y avoir ouvert un atelier monétaire pendant deux ans, d'avoir ensuite entrepris la fabrication, lant à Vauvillers qu'à Nancy, d'espèces de titre inférieur avec les bonnes monnaies de France, notamment de Carolus et de petits blancs à Vauvillers, et de pièces, dites mus de guerre, à Nancy par ordre du s' de Vaudemont, tuteur du duc de Lorraine. Une instruction à ce sujet fut ouverte à Dijon les 28, 3o, 3i mai, 1" et 5 juin i556 par le président de La Tourrette et le conseiller Espiart, qui entendirent les dépositions des maitre et ouvriers de la Monnaie de Dijon. Le 23 janvier i56i, l'affaire fut.reprise et GeoffriUet eut à subir un interrogatoire en présence de deux commissaires délégués par la Cour des Monnaies, les conseillers Germain Longuet et Hilaire Dain; GeoffriUet, prétendant être la victime de machinations tramées par ses ennemis, adressa successivement requêtes sur requêtes à la Cour des Monnaies, le 17 décembre if,6o, lésa avril, 5 août i56i pour obtenir.sa réception,; mais en pure perte. Dès le 1" avril i56i, Jean de Riberolles, maître de la Monnaie ordinaire de Paris, so basant sur le manque do maître en la Monnaie du Moulin, avait présenté une requête àla Cour des Monnaies, à l'effet d'être autorisé à faire ouvrer et monnayer en son atelier tout l'or, l'argent et le billon qui lui serait apporté; le 3o août, les Généraux des Monnaies, qui l'avaient fait venir le 27 mars précédent au Bureau de la Cour pour savoir s'il accepterait la maîtrise du Moulin, lui confièrent l'exercice de cette charge et lui permirent de faire visiter les engins de ladite Monnaie par gens expers. (Archives nationales, Cour des Monnaies, Règlements, Zib37i.)
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